Conduire en tout terrain : les 10 conseils du Land Rover Experience

Le Land Rover Experience est une école de conduite  destinée à apprendre aux propriétaires ou aux futurs propriétaires de Land Rover les bases de la conduite en tout terrain sans aucune préparation du véhicule. Initié par des instructeurs britanniques travaillant à l’usine de Solihull, le LRE prône le respect de la nature et des véhicules. La maxime de cette prestigieuse institution se résume en une phrase simple et pleine d’humour : « Progresser aussi lentement que possible tout en roulant aussi vite que nécessaire. » C’est toute une philosophie et tout un art de vivre. Voici les 10 conseils de conduite en tout terrain prodigués par le LRE et recueillis par Land Mag en 2006.

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1 – Les bons gestes

En tout terrain, la première chose à faire est de reconnaître le terrain, notamment la nature du sol et le degré d’adhérence. Une bonne reconnaissance, c’est 80 % du franchissement. Il faut ensuite vérifier que la pression des pneumatiques est adaptée au terrain sur lequel on va évoluer. Il faudra baisser la pression si on est dans du sable, ou surgonfler les pneumatiques si on est sur de la rocaille et qu’on a peur de couper les flancs d’un pneumatique. On doit également adapter sa position de conduite, pour être correctement installé. Il conviendra de se rapprocher du volant. En effet, si le nez de la voiture est en l’air, cela évite de tirer sur le volant pour avoir une bonne visibilité. Les rétroviseurs doivent être réglés pour surveiller le placement des roues arrière. La ceinture doit toujours être attachée. Si elle gêne, on peut passer la bretelle centrale dans le dos pour avoir plus d’aisance dans la voiture. Enfin, il faut systématiquement se mettre en gamme courte, sauf sur le Freelander qui n’en est pas équipé. Le 4×4 ne dépassera pas les 60-70 km/h, mais en tout terrain, c’est plus que suffisant. Le Defender est le seul sur lequel on peut agir sur le blocage de différentiel central manuellement. On peut l’enclencher en roulant à condition que les roues soient droites et qu’elles ne subissent aucune contrainte. Sur les autres modèles, l’opération se fait sans intervention du conducteur.

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2 – Ménager la mécanique

En première courte, n’importe quel véhicule de la gamme Land Rover (sauf le Freelander qui n’a pas de vitesses courtes) peut avancer sans qu’on touche l’accélérateur. Il n’est pas utile de forcer. Il faut donc se discipliner et ne s’occuper que de la trajectoire. Un calage n’est pas rédhibitoire. Certains signes permettent de savoir si on franchit les limites, notamment au niveau de l’embrayage. Une odeur de chaud signifie qu’il souffre. Il faut donc faire attention. Pour économiser la mécanique, il ne faut pas insister sur un obstacle. Si, au bout de quatre ou cinq tentatives, on ne l’a pas passé, il faut le contourner. Il existe un moyen simple de savoir si on peut passer un obstacle ou pas. Un véhicule va se comporter comme un être humain. En reconnaissant la difficulté à pied, si on glisse, le véhicule risque de faire de même. Si on arrive essoufflé au sommet d’une butte, le moteur va être soumis à rude épreuve. Il faut calquer le comportement de la voiture sur le sien.

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3 – Mettre le véhicule en sécurité

Que ce soit une montée ou une descente, il faut toujours arrêter le véhicule en calage moteur sans changer de vitesse et sans toucher à l’embrayage. Si on a une boîte automatique, il convient d’enclencher la position parking. Puis, utiliser le frein à main en sécurité. Lorsque l’on est arrêté dans une montée, on doit absolument regarder sur les côtés et à l’arrière pour s’assurer que l’on peut reculer. Avant de redescendre, il faut vérifier que les roues sont bien droites. Avec un pied sur le frein, on passe la marche arrière puis on débraye rapidement. Puis on lâche le frein, en vérifiant que la prise de la marche arrière retient bien le véhicule. Il suffit alors de mettre le contact et le véhicule descend lentement. Pour une boîte automatique, on passe de la position parking en marche arrière et on accompagne la descente au frein. Si le véhicule est équipé de l’assistance à la descente HDC (Hill Descent Control), il faut toujours l’enclencher, même en marche arrière.  On n’a plus alors qu’à se laisser glisser jusqu’au bas de l’obstacle pour refaire une nouvelle tentative. En aucun cas il ne faut descendre au point mort.

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4 – Surmonter les croisements de ponts

Il existe différents moyens de passer un croisement de ponts. On essaye d’abord de passer avec le minimum de puissance, en étant sur le point de calage du moteur. On a ainsi moins de puissance, donc moins de risque de patinage. On peut également modifier sa trajectoire pour se décaler par rapport à la difficulté. On permet ainsi aux roues qui sont en l’air de retrouver de l’accroche sur le bord du trou. Enfin, on peut prendre une petite impulsion pour arriver plus vite sur la difficulté, puis on lève le pied et on passe en profitant de l’inertie.

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5 – Utiliser le frein moteur en descente

Dans une descente, il faut toujours utiliser le rapport le plus court possible pour avoir le maximum d’efficacité en frein moteur. Si nécessaire, on l’accompagne avec une légère pression sur la pédale de frein. Si le terrain est glissant, on n’est pas obligés d’utiliser le rapport le plus court car on risque d’avoir trop de frein moteur, donc un blocage de roues entraînant une glissade. Il vaut mieux parfois engager le 2ème voire le 3ème rapport, rouler un peu plus vite et garder du pouvoir directionnel. Il vaut mieux aller top vite en roulant que trop vite en glissant. Pour utiliser le maximum de retenue en frein, il est nécessaire de bloquer le différentiel. Sinon, le train arrière risque de se délester et de perdre toute son efficacité. Là encore, la règle d’or est de ne jamais descendre au point mort.

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6 – Les pneus route peuvent suffire

Aujourd’hui, avec un minimum de pratique, on arrive à démontrer que les pneus d’origine permettent de tout faire. Certes, les conditions ne sont pas idéales, mais on y arrive. Des pneus spécifiques, boue ou sable par exemple, sont efficaces mais utilisables sur un seul type de terrain. Des pneus mixtes peuvent faciliter les choses pour un débutant. De plus, cela peut avoir un côté rassurant. Il faut également savoir qu’il est de plus en plus difficile de trouver des pneus mixtes qui peuvent se monter sur les jantes d’origine, ce qui oblige les clients à changer jantes et pneumatiques. Enfin, de nombreux propriétaires de terrain préfèrent les véhicules équipés de pneus route ou mixtes, à ceux équipés de gros pneus tout terrain, qui dégradent trop les pistes.

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7 – Savoir jouer avec la pression des pneus

En règle générale, les pressions des pneumatiques varient entre 1,8 et 2,4 bars suivant les véhicules. En tout terrain, si on cherche plus d’adhérence, on peut descendre à 1,5 bar. Le pneu accrochera mieux. Dans le sable, on peut rouler à 1,2 bar. Au pied d’une dune de sable mou, on peut même descendre jusqu’à 600 g, à condition de ne pas accélérer trop fort. On a ainsi une plus grande portance. En revanche, il ne faut pas oublier d’emmener du matériel pour regonfler les pneus dès qu’on a passé la difficulté. Sinon, on risque un déjantage si on braque les roues.

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8 – Attention aux aides électroniques

Un bon véhicule ne fait pas un bon conducteur. En effet, un conducteur débutant ne sera pas forcément à l’aise avec un Defender. C’est un véhicule remarquable en tout terrain, mais qui demande un peu d’habitude. Il passera avec un Defender, mais au prix de nombreuses manœuvres. Avec les autres véhicules, il pourra compter sur les aides électroniques qui lui permettront de passer. En revanche, il y a un revers à la médaille, car on se rend moins compte des limites physiques. Sur un dévers, par exemple, les aides peuvent masquer ces limites et le véhicule peut même se renverser.

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9 – Respecter les recommandations du constructeur

Lorsque l’on débute, il faut respecter à la lettre les données du constructeur : angles d’attaque, de sortie, passage de gué. En ce qui concerne les pneus, il ne faut descendre en dessous de la pression préconisée que dans des circonstances exceptionnelles, et jamais sur la route. En acquérant de l’expérience, on pourra braver ces limites, mais avec une extrême prudence. Il faudra en effet bien s’assurer de posséder tous les éléments pour pouvoir se sortir de l’obstacle.

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10 – Bien vérifier son véhicule après une sortie tout terrain

Après un passage en tout terrain, faire le tour du véhicule est indispensable. On va vérifier si un pneu n’est pas coupé, si aucun caillou ne s’est logé entre la jante et le pneumatique. Cela peut causer une crevaison lente. Ensuite, on remet ses pneus à la pression de route, avant de se rendre dans le centre de lavage le plus proche. Pour y aller, on roule doucement pour ne pas projeter de la boue ou des cailloux sur les autres automobilistes. En roulant, on peut vérifier si la direction est touchée. Si le volant ne reste pas droit, c’est qu’une barre de direction est tordue. Au lavage, il faut décrotter tous les éléments de roulage du véhicule : les pneumatiques, les jantes, l’intérieur des jantes, les freins…

Les  Land Rover ne sont pas tous égaux devant les obstacles

Defender, Discovery, Freelander, Range Rover, Range Rover Sport, il y a cinq modèles proposés par Land Rover qui sont tous de véritables véhicules tout terrain chacun dans leur catégorie. Ces véhicules présentent cependant des aptitudes différentes en tout terrain.

Le Defender est le modèle classique et traditionnel de la marque. C’est « la » référence en matière de franchissement. Il possède peu d’assistances électroniques à la conduite. L’ABS et l’anti-patinage ne sont disponibles qu’en option et ne sont pas indispensables pour faire du tout terrain. Il existe en trois versions, dénommées selon leur empattement en pouces. Ainsi, le Defender 90 dispose d’un châssis court. C’est plutôt un véhicule de trial. Grâce à son empattement réduit, il évolue facilement dans les zones boisées, mais sera moins confortable sur des bosses un peu rapides, et moins stable dans des grandes enfilades ou sur du sable. Le Defender 110 est le mieux adapté pour le raid ou les grandes expéditions. Il est disponible en trois places utilitaire ou neuf places, qui est la version la plus vendue. Le Defender 130 est souvent utilisé par les entreprises ou des organismes qui ont besoin de transporter à la fois du personnel et du matériel. En expédition, il peut être équipé d’une cellule.

Du côté des modèles plus récents, le Discovery 3 est idéal si on cherche un véhicule plus confortable et plus familial. Il peut être livré en cinq ou sept places. Il dispose d’une suspension pneumatique et de nombreuses aides à la conduite. Toute cette assistance électronique limite son utilisation dans le désert, car la réparation est plus compliquée. En utilisation tout terrain, il dispose de capacités stupéfiantes.

Le Range Rover L322, quant à lui, a beau être modernisé, il garde un charme inégalé. Il est très luxueux, tout en conservant des capacités exceptionnelles en tout terrain, grâce à sa suspension qui lui permet d’atteindre 28 cm de garde au sol. Le Range Rover Sport est le dernier-né de Land Rover. Plus petit que le Range mais conçu sur la base du Discovery 3, il dispose des mêmes aides à la conduite, dont le Terrain Response. C’est un système qui dispose de cinq programmes de franchissement selon le terrain où l’on évolue, très facile à utiliser pour un novice, puisqu’il suffit de positionner la molette sur la position adéquate. Il est disponible sur le Discovery 3 et le Range Rover Sport, et sera proposé sur le nouveau Freelander, avant d’être étendu à toute la gamme. Le Range Sport est un peu limité en tout terrain à cause des bas de caisse, du bouclier avant et des pneus larges taille basse.

Le Freelander est sans aucun doute le meilleur SUV en termes de capacités tout terrain. Il n’a pas de gamme courte. Un viscocoupleur fait office de différentiel central, très efficace en tout terrain. Sa boîte automatique et sa conception lui permettent d’avoir des performances étonnantes pour un SUV.

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Tableau des géométries des cinq Land

Defender (en 7,50×16)       90     110   130

Angle d’approche      51,30°        50°   50°

Angle de sortie 53°    34,30°        34°

Angle ventral    141° 152° 155°

Garde au sol (mm)     229   215   215

 

Discovery 3 (hauteur standard / max)

Angle d’approche      32,2° / 37,2°

Angle de sortie 26,7° / 29,6°

Angle ventral    22,8° / 27,9°

Garde au sol     185 mm / 240 mm

 

Range Rover (hauteur standard / max)

Angle d’approche      29° / 34°

Angle de sortie 24,2° / 26,6°

Angle ventral    25° / 30°

Garde au sol     200 mm / 255 mm

 

Range Rover Sport (hauteur standard / max)

Angle d’approche      30,2° / 34°

Angle de sortie 26° / 29°

Angle ventral    20° / 25°

Garde au sol     172 mm / 227 mm

 

Freelander

Angle d’approche      30,5°

Angle de sortie 33,9°

Angle ventral    24°

Garde au sol     186 mm

 

 

 

 

 

À propos Vincent Boigey

Journaliste à Land Mag

Un commentaire

  1. On y retrouve avec plaisir des photo du temps de LRE Sagaro

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