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Essai Bowler EXR-S : la fièvre jaune

Cela fait presque trente ans que Drew Bowler et son équipe s’amusent à transformer les Land Rover en bêtes de course. Après le Tomcat, le Wildcat et le Nemesis, c’est dernièrement au tour de l’EXR-S d’occuper le catalogue de ces Anglais doux dingues. Une déclinaison routière qui a beaucoup, beaucoup de souffle. Un essai réalisé en 2014 dans Land Mag Supercharged.

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Au sein des ateliers de Bowler Motorsport, l’habitude de transformer les Land Rover de série en monstres de rallye-raid, prêts à avaler des centaines de kilomètres de pistes, est ancienne. On imagine aisément les ingénieurs anglais regarder le Range Rover Sport V8 Supercharged et regretter qu’il ne soit pas plus « sport ». Ni une, ni deux, Drew Bowler en a désossé un et a commencé à travailler sur le projet. L’un des reproches que l’on faisait à sa précédente création, le Wildcat, était son recours à des ponts rigides, organes de transmission lourds et non suspendus.

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En utilisant le Range Sport comme base, le futur bolide bénéficie donc de roues indépendantes, favorisant un comportement plus dynamique et une suspension plus efficace. On retrouve d’ailleurs de nombreux éléments légués par le véhicule de série : la calandre et les optiques, évidemment, ceux du restylage de 2010, les rétroviseurs, le tableau de bord, le volant, le levier de vitesses et des éléments de la console centrale, ainsi que les boîtes de vitesses et de transfert. Mais la pièce mécanique commune aux deux véhicules la plus importante est bien sûr celle qui se trouve sous le capot : le fabuleux moteur V8 5,0 l d’origine Jaguar.

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Sur le Land d’origine, il développe 510 ch. Passé entre les mains de Bowler Motorsport, il passe à 550 ch et 625 Nm de couple ! Et, sur l’ensemble de l’EXR-S, ce sont bien d’autres composants qui ont été revus de fond en comble. Le châssis est en acier hydroformé (par une très forte pression d’eau). Il se constitue d’une caisse tubulaire homologuée pour les compétitions FIA, traversée par deux poutres longitudinales. La caisse greffée sur cet ensemble métallique est en matériau composite et transforme le 4×4 familial en diabolique coupé tout terrain strict deux places. Les ailes sont démesurément accentuées pour un look toujours plus sportif et, si le bouclier arrière est similaire à celui de l’EXR de compétition, l’avant est nettement plus travaillé. Il intègre quand même un blindage central, louable précaution en cas de choc avec un obstacle naturel.

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Incroyable expérience

Au moment de presser le bouton de démarrage, installé au pied du levier de vitesses, le réveil sonore du moteur V8 Jaguar est déjà riche en sensations. Mais c’est la mise en mouvement du véhicule qui confirme sa principale caractéristique : son équilibre. Le bloc anglais a été posé très en retrait dans le compartiment moteur, d’environ 300 mm en arrière de son emplacement dans l’EXR, ce qui limite l’effet plongeant lors des gros freinages et soulage également la suspension avant lorsque la direction est souvent sollicitée.

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L’EXR-S dispose en outre d’une assise plus basse que son « frère », taillé pour le rallye-raid : le comportement dynamique s’en trouve donc gagnant pour l’usage routier auquel le véhicule est destiné. Côté roues, ce Land déraisonnable jusqu’au bout est chaussé de série en 22 pouces avec des pneus hautes performances, des Pirelli Scorpion Zero Assimetrico en 305/35R22 dans le cas présent. Sur option, il est possible de passer en 20 pouces avec des pneus mixtes et même en 18 pouces avec des pneus 100% tout terrain, pour les amateurs de boue.

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Peu importe le choix, l’EXR-S impressionne par son énorme motricité. Sa transmission intégrale permanente est répartie à 50/50 entre les trains avant et l’arrière, contre 60/40 sur la version rallye. Autant dire qu’il a réellement été pensé et revu pour une autre utilisation. A près de 200 000 euros le ticket d’entrée, ce Land bodybuildé va chasser dans la cour des Mercedes Classe G, dans leurs versions survitaminées AMG. Mais ces derniers sont à des années-lumière de proposer un comportement aussi sportif et affûté que l’EXR-S. Animal très rare à guetter sur les routes, il n’est pas dit qu’il laisse le temps aux curieux de se retourner à son passage.

[toggle title= »Bowler EXR-S : Fiche technique » state= »close » ]

Motorisation

Moteur V8 5,0 l Jaguar suralimenté

Cylindrée 4 999,7 cm3

Puissance maxi 550 ch à 6 200 tr/min

Couple maxi 625 Nm de 2 100 à 5 400 tr/min

Carrosserie

Type Coupé 2 portes, 2 places

Panneaux Composite

Châssis Hydroformé avec cage tubulaire homologué FIA

Poids Env. 1 800 kg

Transmission Type Intégrale permanente à répartition 50/50

Boîte de vitesses Automatique à 6 rapports avec palettes au volant

Boîte de transfert De série

Blocage de différentiel arrière De série, à gestion électronique

Suspension Type Multi-bras avant et arrière

Amortisseurs Bilstein Ressorts Eibach progressifs Course 285 mm

Freinage Avant Disques de 360 mm avec étriers Brembo 6 pistons

Freinage Arrière Disques de 340 mm avec étriers Brembo 4 pistons

Roues Pneus Pirelli Scorpion Zero Assimetrico en 305/35R22

Jantes Land Rover Stormer alliage 22 pouces [/toggle]

2-IMG_3863Drew Bowler, du Nemesis à l’EXR

En 2007, Drew Bowler, spécialiste des véhicules tout terrain de compétition, abandonne le Wildcat, qui a fait sa renommée, pour se lancer sur le projet du Nemesis. Si le premier reprend beaucoup d’éléments techniques et esthétiques du Defender, le second s’inspire, lui, directement du Range Rover Sport. Dernièrement, Bowler a à nouveau cédé la licence de son véhicule pour lancer l’EXR et sa déclinaison routière EXR-S. Très semblable visuellement, ce dernier est néanmoins d’une conception encore plus aboutie et plus polyvalente.

 

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