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Test BFGoodrich MudTerrain T/A KM3: le retour du roi ? 2/2

Après un premier contact avec le tout nouveau BFGoodrich Mud Terrain T/A KM3 lors de sa présentation, retour sur ce pneu très attendu avec un test complet en franchissement et sur pistes réalisé par Éric Rieuf.

Si le premier test de Land Mag avait eu lieu sur le terrain sec et caillouteux de Château Lastours, c’est cette fois au terrain plus gras du Domaine de Forest Hill que nous avons confronté le dernier « mud » de la marque américaine. Première impression avec une pression de 1,5 bar au carré : il gratte et il cherche son adhérence, mais surtout… il gratte fort ! Dans les chemins imbibés par un gros volume d’eau, il va bien chercher le fond et agrippe la moindre parcelle de terrain, fournissant de l’adhérence pour en faire un point d’appui. Sur la roche, il enrobe le relief pour prendre appui à l’image d’un chausson d’alpiniste. Mais en contrepartie, il accroche parfois trop et manque de ripage qui, à un certain moment, sert de fusible au plantage. Si on garde trop le pied sur l’accélérateur à la recherche de motricité en phase de ripage, les roues tournent et le véhicule n’avance pas… tout le monde connaît cette situation.

Un peu plus loin, en appui dans une descente avec un virage en fin de zone, le flanc se couche sur lui-même, mais c’est dans sa nature et sa conception. Cela va apporter un peu plus de profil par la mise en appui du bord de bande de roulement. La seule chose qui demande de l’attention est alors « l’écho » de cette déformation, qui peut faire couler des petites gouttes de sueur dans la nuque du conducteur. En effet, dans ce genre d’obstacle (descente avec virage dans le franchissement), le retour du pneu à la position initiale suite à cette déformation en appui peut modifier le comportement du véhicule. Dans la boue, le KM3 gratte, gratte et gratte encore, tirant inexorablement le véhicule vers la sortie. Là encore, méfiance ! La vitesse de rotation des roues peut devenir un piège, car le profil gratteur provoque une descente vers le fond… et le plantage, le véhicule se posant sur son châssis. Mais, clairement, le KM3 est dans son domaine de compétence en franchissement. Il faut le comprendre car il est assez joueur (souplesse de carcasse qui lui donne des « échos » à l’attaque) mais il est royal…

Heureusement que les zones de ripage disposent d’un gros apport de gomme, car il travaille en appui comme jamais d’autre Mud ne l’ont proposé. Oui, le BFGoodrich est un vrai Mud… et il va (re)devenir la référence dans ce domaine. Si je le compare au KM2, il est plus axé sur le tout-terrain. Le KM2 était un produit pour faire du TT, mais aussi pour aller rouler sur les pistes rocheuses de certains raids. Le KM3 est plus un franchisseur qu’un rouleur, et il risque peut-être de décevoir les raideurs. KM2 et KM3 ne semblent pas être conçus pour les mêmes utilisateurs et les mêmes utilisations ; nous avons donc testé ce nouveau pneu en configuration « voyage « pour en voir le cœur net.

En raid

Au programme : trois semaines de découverte dans la région des Balkans (Croatie, Bosnie, Monténégro et Serbie, grâce au roadbook de chez Vibraction) en mode bivouac (auvent et tente de toit), avec de la route et de l’autoroute pour rejoindre le point de départ, puis sur place de belles pistes très roulantes et des chemins d’accès en montagne, avec des cailloux qui provoquent une vraie demande d’accroche au profil. Avec un poids contrôlé de près de 2,8 T pour le 4×4, je suis parti avec une pression de 2,6 bar sur l’ensemble des roues. Une bonne valeur, tant au niveau des sensations au volant qu’au niveau du travail du pneu : les prises de température de celui-ci n’indiquent pas de surchauffe excessive. Une fois sur le roadbook, avec son mélange de route et de piste, je change de pression et je vais sur du 2,2 b (rappel : on change les pressions à froid). On retrouve alors un certain confort, et en roulage sur piste il travaille très bien, il gratte, il tracte et sur les pistes difficiles, il devient de plus en plus technique…

Mais là où il me lâche, c’est sur le roulage rapide sur piste : trop souple en pression. Il faut alors remettre 0,20 b pour avoir un pneu avec un bon retour volant, que l’on puisse gérer les dérives avec un geste souple du volant et, si on s’amuse un peu avec la pédale de droite, à cette pression de 2,4 b le pneu ne s’écrase pas trop sur lui-même. Le système d’éjecteur de cailloux travaille assez bien, et si on compare avec l’ancien Mud de chez BFGoodrich, on peut voir une vraie évolution : en appui sur les chemins, les bords de la bande de roulement travaillent pour apporter une vraie traction… ce qui peut affoler l’assistance d’aide électronique parfois ! Sur les routes des Balkans, la pression de 2,2 b lui donne un confort agréable et aussi du ballant latéral qui rappelle le comportement des ancien Range Rover en suspension d’origine… À utiliser cependant uniquement en mode « touriste » sans dépasser les 90 km/h.

Plus franchisseur que raider

Au final, ces essais montrent bien que ce nouveau BFGoodrich T/A Mud KM3 n’est pas un héritier direct du KM2 qu’il remplace. C’est un vrai pneu pour le franchissement, et en raid c’est un bon compagnon si on ne lui demande pas d’avoir un comportement de routier. Sur piste, s’il accroche bien, il demande d’avoir un conducteur souple qui va le surveiller pour lui donner la bonne pression. Sur piste rapide, il faudra l’associer avec une bonne suspension au risque d’avoir des sous-virages intempestifs. Techniquement, l’évolution de la gomme est une bonne chose pour le tout terrain, mais on comprend aussi que si la gomme est très résistante à l’érosion des pistes, cela indique qu’elle est moins performante sur route… C’est donc un « vrai » pneu tout terrain qui doit rouler le moins souvent possible sur route.

J’aime :

– Profil de « gratteur de zone »

– Résistance à l’usure et aux chocs

– « Gueule » du profil et flancs

Je n’aime pas :

– Difficile de trouver la bonne pression sur route

– Dérive de carcasse assez importante : il faut un certain temps pour comprendre son fonctionnement

– Poids élevé et manque de technique sur route

Un pneu “poids-lourd” !

Si le retour des « vrais » pneus tout terrain grâce au label POR est une excellente nouvelle, ces nouveaux modèles font preuve d’un embonpoint très marqué. En taille 265/70 R17, le BFGoodrich Mud Terrain T/A KM3 pèse 29,2 kg sans la jante. C’est 3 kg de plus que le Nokian Rockproof et encore 1,2 kg de plus que le General Tire Grabber X3 dans la même taille de référence ! La hauteur de crampon est de 14,63 mm, ce qui n’est pas si haut par rapport à d’autres profils de même type.

Une bonne longévité

Après 8 500 km parcourus, dont 5 500 en mode raid familial, j’ai pu mesurer l’usure de la bande de roulement : 1,38 mm devant et 1,67mm derrière. Je suis assez surpris de ce premier retour d’usure, car il est très correct par rapport au KM2. Le KM3 va visiblement être capable de tenir les 40 000 km sans problème. Par ce constat je peux voir que la technique de gomme a changé. L’homologation POR autorise un mélange de gommes que l’on retrouve sur les gammes poids lourd de la marque, ce qui veut dire grosses résistance à l’abrasion et à l’arrachement. Une résistance constatée de visu : les blessures sont légères, avec même une grosse diminution des arrachements de gomme comparé au son prédécesseur le KM2.

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