Essai comparatif: le Discovery 5 face au Discovery 4

Alors que le nouveau Discovery prend ses marques dans le paysage automobile mondial, nous l’avons confronté à son prédécesseur, le valeureux Discovery 4, tous les deux équipés du bloc TDV6. Un duel familial qui montre bien combien les SUV ont évolué en une dizaine d’années.

Il est toujours délicat pour un nouveau Land Rover de prendre sa place dans le cœur des aficionados à la marque. C’est particulièrement vrai dans la famille Discovery : lors de la sortie du Disco 3 en 2004 les landistes ont été nombreux à critiquer ce véhicule imposant, au design nouveau, sans roue de secours apparente et doté de suspensions indépendantes ! Mais le temps a passé, et de nos jours chacun reconnait les qualités de ce SUV familial, qui est d’ailleurs très recherché en occasion. Le nouveau Discovery va-t-il subir le même sort ? Tout semble l’indiquer : son lancement au Mondial de l’Auto à Paris fin 2016 n’a pas été accompagné que d’éloges, surtout en ce qui concerne son style, très différent de celui du Disco 4.

Afin d’en avoir le cœur net, nous avons donc confrontés ces deux générations… Et force est de reconnaitre que, posés côte à côte, les deux Discovery affichent clairement leurs différences question design. Traits taillés à la serpe et profil de déménageur pour l’un, carrosserie aérodynamique tout en courbes pour l’autre. L’effet recherché par le designer Gerry McGovern est en tout cas réussi : alors qu’il « taille » plus grand (+ 4 cm d’empattement, + 2cm de large et + 14 cm de long tout de même), le dernier Disco parait plus fluet que son prédécesseur. Plus élégant sans doute, et plus consensuel aussi, mais il faut reconnaître que pour un Land, avec tout ce que cela signifie en terme de capacités tout terrain, le dernier Disco n’a pas tout à fait « la gueule de l’emploi ». Restait pour nous à vérifier lors de ce comparatif si ce changement de style affectait aussi les caractéristiques de ce dernier Discovery.

Un style en rupture, à l’intérieur aussi

Première bonne surprise quand on grimpe à bord de ce Discovery : l’habitacle est aussi vaste et accueillant qu’auparavant. S’il a pris de l’embonpoint à l’extérieur, c’est justement afin de conserver les mêmes cotes internes, sans que ses équipements de sécurité et de confort ne rognent sur son habitabilité. Comparé au Disco 4, le dernier-né de la famille perd quelques centimètres par-ci mais en gagne quelques autres par-là. Les passagers du troisième rang ont en tout cas été choyés : leurs sièges repliables sont plus confortables, et ils bénéficient (selon la version et les options choisies…) de la climatisation, de rangements et de prises USB. L’espace dont ils bénéficient est presque inchangé : il est toujours possible pour des passagers d’1,80 m de voyager à l’arrière du Discovery.

La banquette du deuxième rang et les sièges avant sont toujours aussi accueillants, et le côté pratique de l’ensemble a été amélioré avec une modularité aussi efficace que celle d’un monospace ! À l’avant, le dessin de la planche de bord à lui aussi évolué en profondeur. Finie la console centrale vertical et les gros boutons ! Le nouveau Discovery reprend les grands traits de ses cousins Range Rover, avec une console centrale inclinée, large et haute, un grand écran tactile à portée de doigts et une instrumentation claire devant le conducteur. Ce n’est pas très original, mais la finition est très bonne, la disposition des divers éléments efficace, et les rangements nombreux. Que demander de plus pour un SUV familial ?

Sur la route et la piste : du mieux partout

Place maintenant à l’action : le nouveau Discovery peut-il en effet faire aussi bien que son aîné, véritable machine à rouler aussi bien sur asphalte que sur pistes ? Sur le papier, le nouveau venu rassemble de sérieux atouts : son châssis, sa suspension, ses moteurs et ses transmissions sont exactement ceux du Range Rover L405. On a connu pire comme référence ! Au volant, il n’est pas besoin de parcourir des centaines de kilomètres pour se rendre compte de la différence entre les deux Disco. Sur route, le dernier-né de Solihull se montre à la fois plus confortable (merci les boudins pneumatiques surdimensionnés) et plus précis. En virages notamment, la suspension plus évoluée et surtout les 300 kilos en moins à motorisation identique (merci le châssis en aluminium) font merveille. « L’utilisation par le véhicule du différentiel arrière change beaucoup de choses également » précise Emmanuel Paulino, moniteur du Land Rover Experience, qui connait bien les deux véhicules. « Il est toujours actif, sur route comme en tout terrain, et cela se ressent. La gestion électronique est plus précise qu’auparavant, et cela se ressent sur la route. La direction assistée électronique déroute un peu au début, mais ensuite elle se montre elle aussi plus précise ».

Ce Discovery hérite donc de toutes les qualités du Range L405, et en comparaison le Disco 4 se montre plus lourd et plus « pataud » dans toutes les situations. Cela se vérifie aussi en tout terrain, où là encore le poids en baisse du dernier Disco fait la différence, allié au Terrain Response de dernière génération. Le Disco peut évoluer au couple sur des terrains difficiles. Et pour les novices, l’ATPC est là pour apporter une solution souvent idéale. « C’est un mode super efficace, qui donne l’impression qu’un ingénieur est caché sous le capot pour gérer au mieux le moteur et les transmissions à votre place ! » s’enthousiasme Emmanuel Paulino (voir encadré ci-dessous).

Un Disco qui en impose… de l’intérieur

Que le nouveau Discovery apporte son lot d’équipements technologiques dernier-cri, rien d’étonnant à cela. C’est le cas pour tous les nouveaux modèles qui apparaissent sur le marché de nos jours. Mais qu’il arrive à faire mieux que son prédécesseur dans tous les domaines constitue une belle surprise. Entendons-nous bien : le Disco 4 reste un excellent SUV, qui va faire le bonheur des landistes pendant encore de longues années en occasion. Mais le nouveau Discovery réalise l’exploit d’être encore plus polyvalent, puisqu’il est à la fois meilleur sur route et en tout terrain, tout en conservant ses capacités d’accueil pour 7 passagers.

Alors, imbattable, le nouveau Discovery ? Oui, si on oublie son physique un peu trop adouci, qui ne correspond pas vraiment à ses aptitudes. Heureusement, les préparateurs sont à l’affût pour proposer des équipements à leur hauteur !

 

Équipements : les plus du Discovery 5

Équipements : les plus du Discovery 5

En tout terrain, avantage au Disco 5… sur le papier ?[/tab_title][/tabs_head]
Les équipements électroniques du dernier Discovery sont logiquement supérieurs à ceux du Disco 4 : grand écran de 12.5 pouces de large, système InControl Touch Pro avec « miroir » des applications de votre smartphone, nombreuses prises USB dans l’habitacle, etc. La technologie a en effet bien avancé depuis quelques années ! Mais ses concepteurs ont aussi glissé quelques accessoires bien pratiques, comme les poignées facilement accessibles pour les passagers arrière, les buses de ventilation jusqu’au troisième rang et les espaces de rangement nombreux et pratiques à l’avant. Au niveau du coffre, on trouve les interrupteurs qui commandent le fonctionnement de la ridelle (forcément électrique) et des sièges. Si la possibilité de les faire bouger depuis une application de son smartphone est spectaculaire, au quotidien il faut signaler que le système mécanique d’articulation est bien plus rapide et pratique !

FICHE TECHNIQUE Land Rover Discovery 5 Td6 HSE

FICHE TECHNIQUE Land Rover Discovery 5 Td6 HSE

MOTORISATION

Type Diesel V6

Suralimentation 2 turbocompresseurs

Cylindrée 2 993 cm3

Puissance max. 258 ch à 4 000 tr/min

Couple maxi 600 Nm à 2 000 tr/min

TRANSMISSION

Boîte Automatique à 8 rapports ZF8HP70

Direction assistée Électrique

Blocage de différentiel Central

Système 4 roues motrices permanentes avec blocage de différentiel central et Terrain Response de série, blocage du différentiel arrière en option

FREINAGE

Freins Avant disques ventilés de 360mm

FreinsArrière disques ventilés de 350mm

SUSPENSION

Suspension avant Suspension SLA à doubles bras inférieurs, pneumatique, amortisseurs passifs et barre antiroulis passive

Suspension arrière Suspension Integral link pneumatique, amortisseurs passifs et barre antiroulis passive

CONSOMMATION

Cycle mixte réel 9,4 l/100

Rejets de CO2 189g/km

Contenance du réservoir 85 l

DIMENSIONS

Longueur 4970 mm

Largeur max 2220 mm

Hauteur 1846 mm

Empattement 2923 mm

Diamètre de braquage 12,7 m

Poids à vide

Capacité du coffre

Derrière 2ème rangée: 1231 l

Derrière 3ème rangée: 258 l

CAPACITÉS TOUT TERRAIN

Garde au sol max. 283 mm

Profondeur de gué max. 90 cm

Angle d’approche max 34°

Angle central max 27,5°

Angle de sortie max 30°

FICHE TECHNIQUE Land Rover Discovery 4 SDV6 HSE

FICHE TECHNIQUE Land Rover Discovery 4 SDV6 HSE

MOTORISATION

Type Diesel V6

Suralimentation 2 turbocompresseurs

Cylindrée 2 993 cm3

Puissance max. 258 ch à 4 000 tr/min

Couple maxi 600 Nm à 2 000 tr/min

TRANSMISSION

Boîte Automatique à 8 rapports ZF8HP70

Direction assistée hydraulique

Blocage de différentiel Central

Système 4 roues motrices permanentes avec blocage de différentiel central et Terrain Response de série, blocage du différentiel arrière en option

FREINAGE

Freins avant Disques ventilés 360 mm

Freins arrière Disques ventilés 350 mm

SUSPENSIONS

Avant Pneumatique, type indépendante à double bras

Arrière Pneumatique, type indépendante à double bras

CONSOMMATION

Cycle mixte réel 10,9 l/100

Rejets de CO2 213 g/km

Contenance du réservoir 54 l

DIMENSIONS

Longueur 4 829 mm

Largeur max 2 053 mm

Hauteur avec rails de toit 1 920 mm

Empattement 2 885 mm

Rayon de braquage 11,45 m

Poids à vide min. 2 583 kg

Capacité du coffre

Derrière 2ème rangée: 1260 l

CAPACITÉS TOUT TERRAIN

Garde au sol max. 310 mm

Profondeur de gué max. 60 cm

Angle d’approche max 36,2°

Angle central max 36,2°

Angle de sortie max 27,3°

En tout terrain, avantage au Disco 5... sur le papier ?

En tout terrain, avantage au Disco 5... sur le papier ?

En héritant de la plateforme du Range Rover L405, le nouveau Discovery dispose de nouveaux équipements techniques pour le tout terrain. Tout d’abord le Terrain Response 2, qui offre un mode de fonctionnement automatique qui ajuste le comportement du véhicule (suspensions, transmissions, réponse moteur, …) en fonction du terrain rencontré. Pratique quand on passe fréquemment de la route à la piste par exemple, mais pas indispensable, ce qui tombe bien puisqu’il s’agit d’une option. Le Terrain Response 2 s’agrémente en option là aussi du mode ATPC qui permet de fixer une vitesse d’évolution en franchissement : l’électronique gère alors seule l’accélérateur, la boîte de vitesse et les suspensions, et le conducteur ne s’occupe plus que du volant. Un mode plutôt frustrant mais diablement efficace !

À propos Vincent Boigey

Journaliste à Land Mag

8 plusieurs commentaires

  1. article sponsorisé par land ? le D5 n’aura pas la vie du D3 ou D4…trop luxueux….trop d’électronique! déjà que les générations d’avant c’était coton…et puis qui a 80k€ va risquer une rayure, un éclat de cailloux ou monter avec ses bottes boueuses sur la belle moquette… ce véhicule est effectivement un gros SUV de luxe avec des capacités tout terrain…pas un véhicule tout terrain. désolé

    • Le D3 quand il est sorti a reçu les mêmes critiques : trop cher, trop d’électronique, « c’est pour monter les trottoirs » etc. Et aujourd’hui on voit bien qu’il est très demandé en occasion, et de plus en plus présent parmi les landistes.

  2. Disco TD5 SE Série II bleu de 2000 de 281 000 km (à ce jour, à cette heure) meilleur véhicule du Monde de la Terre de l’Univers (lorsqu’il ne lui prends pas l’envie de tomber en panne rien que pour le LOL … ) après .. les autres. . c’est plus pareil.. Peut-être même que l’esprit Trophy avait disparu. ..

  3. Merci pour votre article bien documenté. Je voudrais néanmoins apporter quelques nuances :
    – La modularité des sièges du rang 2 du D5 est inférieure à celle des D3/4 : 3 sièges individuels rabattables à plat indépendamment contre une classique banquette 1/3 – 2/3… progrès?
    – Quelques centimètres perdus et gagnés par-ci par là : Concrètement je me change pour pratiquer un sport nautique à l’arrière -rang 2- de mon D3 et enfile ma combinaison intégrale sans problème malgré mes 1m87. Tant la hauteur sous plafond que l’espace aux jambes sont inférieurs sur le D5.
    – La ridelle qui passe de très pratique à anecdotique… pas un progrès là encore, mais le style aura prévalu. Dommage je n’achète pas un Disco pour son style mais pour ce qu’il peut faire… A méditer.
    – Ah et puis ce qui n’est pas un détail mais dont personne ne parle, si le D5 fait 15cm de plus en longueur, il fait aussi 1m (!) de plus en diamètre de braquage. Si dans les grandes plaines américaines cela jouera moins, sur mes pistes du sud cela faite toute la différence… Progrès?

    Autant j’attendais de voir ce nouveau Disco, autant pour l’avoir détaillé de près, par rapport à mes attentes qui ne sont pas d’avoir une finition remarquable (cas du D5) et un style bien plus agréable aujourd’hui, c’est indéniable, j’attends maintenant le nouveau Defender…

  4. Une interrogation aussi : Quid du débattement de suspension entre le D3/4 et le D5?

    • Merci pour vos commentaires dur le Disco 5. Pour ce qui est des débattements, ils sont légèrements inférieurs:
      Discovery 5 Discovery 4
      Poids 2230 kg 2504 kg
      Garde au sol max. 28,3 cm 240 mm
      Passage à gué 90 cm 700 mm
      Angle d’attaque 34° 37,2°
      Angle de sortie 30° 29,6°
      Angle central 27,5° 27,9°
      Débattement suspension 500 mm 560 mm

      • Merci pour vos réponses précises et votre professionnalisme. Vous avez raison également de mettre en avant le poids du véhicule qui est nettement plus favorable sur le D5. Juste un complément concernant la garde au sol de 24cm du D4 : Deux niveaux de hauteur supplémentaire, peuvent rehausser, mais automatiquement -à moins d’utiliser un boitier électronique ad oc- de 5cm encore la suspension, et donc d’arriver à la même garde au sol que le D5.

  5. J’ai aimé le TD5 de 2000, le disco 3 de 2005, le disco 4 de 2010 (200 000kms).

    Je n’aime pas du tout la ligne du disco 5 qui ne cadre pas avec ce type de véhicule.

    Dégoût et des couleurs ….

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