Essai : Defender 110 SW 2015, la dernière danse

En juillet 2015, nous avons pu tester l’ultime génération de Defender avant l’arrêt de sa production à la fin de l’année. Ce 4×4 mythique, symbole d’aventure et de voyage, a perpétuellement été amélioré par Land Rover et modernisé là où cela était possible. Les derniers millésimes offrent plus de possibilités que jamais, mais le Def est resté jusqu’au bout l’un des véhicules tout terrain les plus simples et les plus rustiques au monde.

Le Defender de notre essai est l’un des plus basiques, et donc des plus représentatifs, qui soit. Il s’agit d’un modèle 110 Station Wagon à cinq places, dans sa livrée la plus simple Fuji White et avec les jantes acier standard. La calandre avancée permet de deviner que c’est une version équipée de la climatisation, mais c’est une des rares options dont il est doté. Citons également les élargisseurs d’aile couleur carrosserie et le pack Confort, qui regroupe la fermeture centralisée et les vitres avant électriques.

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On a donc affaire à un Def « tout simple ». Mais comme on le sait bien dans le milieu landiste, rien n’est simple avec un Def. Si l’on se met dans la peau d’une personne qui monte dans ce Land pour la première fois, peu d’éléments permettent de dire que l’on est dans un véhicule neuf, assemblé en 2015 : impossible de le commander avec une boîte de vitesses automatique, un régulateur de vitesse ou un GPS intégré, pas de signature à LED dans les optiques, pas de toit en verre panoramique ou encore de sièges à réglages électriques, ni même de repose-pied côté conducteur… Toutes ces absences, qui font le bonheur du marché des accessoires de seconde monte, rendent le Def actuel véritablement unique en son genre.

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Un moteur plus discret

Et cela se confirme lorsque l’on tourne la clé dans le démarreur de ce petit camion, à gauche du volant. Le moteur Diesel à quatre cylindres en ligne 2,2 l TD prend alors vie, de façon plus discrète que ses prédécesseurs. C’est l’un des héritages du donneur de ce bloc, l’utilitaire Ford Transit, tout comme la vitesse de pointe, débridée à 144 km/h, ce qui est plus appréciable pour doubler sur les grands axes. Mais ce n’est évidemment pas le domaine où le Def est le plus à son aise.

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C’est lorsque l’on utilise son levier de boîte de transfert qu’il s’exprime le mieux. Lancé en franchissement pur et dur, ce Land peut laisser parler sa bonne géométrie taillée à la serpe pour franchir les obstacles et ses aides électroniques dans les cas de traction difficile à trouver. Sur ce millésime, ABS et ETC, autrefois coûteuse option couplée, profitent de la présence obligatoire du correcteur de trajectoire DSC et sont en effet de série. Le fonctionnement de l’ETC, dépendant du régime moteur, demande un peu d’habitude pour être utilisé à pleine efficacité, mais cette assistance améliore réellement les capacités de franchissement du Def. Combinée à l’anticalage du moteur, elle le rend même presque inarrêtable, ce qui peut s’avérer dangereux dans les situations compliquées.

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A l’aise en franchissement

Car le Def reste bel et bien un franchisseur. C’est la fonction pour laquelle il a été créé et c’est celle où il s’exprime le mieux. Ses angles de franchissement (48,7° à l’avant, 35,6° à l’arrière, 30,3° au centre) sont peu égalés dans la famille des vrais 4×4 purs et durs, tout comme sa garde au sol de 249 mm et les 500 mm de passage à gué qu’il peut franchir. Comme d’autres éléments du véhicule, la manipulation de la boîte de transfert s’est assouplie sur cette dernière génération, même si des défauts restent présents : l’enclenchement de la boîte courte peut encore « sauter », ce qui oblige à la plus grande vigilance en tout terrain, et le blocage du différentiel central peut aussi se faire un peu capricieux. Mais une fois ces problèmes, de plus en plus rares, pris en compte, le Def peut compter sur sa première vitesse très courte pour franchir les obstacles les plus aigus et sur le tonus de son moteur pour traverser les bourbiers les plus profonds.

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Une mécanique plus souple

En plus de l’électronique, ce 4×4 s’est aussi « civilisé » mécaniquement au fil des ans : son embrayage est moins dur et la boîte de vitesses à six rapports, qu’il a reçue en même temps que le moteur 2,4 l TD en 2007, est plus souple. Cela contribue à le rendre plus facilement utilisable au quotidien, ce qui est le lot commun de nombreux landistes. Mais on ne peut pas s’y tromper, le look, lui, reste peu ou prou bien le même : une brique d’alu taillée à la serpe, à l’aérodynamisme pour ainsi dire inexistant, mais pourtant incroyablement attachante et reconnaissable entre mille.

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Contrairement aux « autos mobiles » contemporaines, un Def 2015 dénote dans le parc automobile international et évoque immédiatement le baroud, l’aventure ou encore la fonction utilitaire. Véhicule familial, confortable pour enchaîner les kilomètres sur et hors bitume, armé pour le franchissement ardu, facile à équiper et à accessoiriser, le 110 Station Wagon est sans doute le modèle le plus polyvalent de la gamme du Defender. Seule la conformité à quelques normes de sécurité et de lutte contre la pollution manque pour lui permettre de continuer sa belle et longue existence. De fait, il n’y aura plus d’autre évolution de ce Land après celle présentée ici. C’est un constat un peu difficile à faire lorsque l’on est passionné de la marque et du modèle, mais vieux comme neufs, on continuera à voir rouler les Def pendant de longues années encore !

Ces détails qui vont nous manquer

Si la production du Def s’arrête à la fin de l’année, son remplaçant pourrait ne pas arriver en concession avant 2018. Même s’il est encore très mystérieux, il est en revanche sûr qu’il sera d’une conception très moderne et fera donc l’impasse sur de nombreux détails qui font le charme du Def actuel, tels que :

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Les rivets de carrosserie non peints

 

 

 

 

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Les poignées de porte extérieures

 

 

 

 

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Les charnières de portes apparentes

 

 

 

 

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Les charnières de capot extérieures

 

 

 

 

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Les vitres de toit ovales

 

 

 

Fiche technique: Defender 110 Station Wagon 2015

Fiche technique: Defender 110 Station Wagon 2015

Moteur

Cylindrée 2 198 cm3

Puissance 122 ch à 3 500 tr/min

Couple 360 Nm à 2 000 tr/min

Transmission

Transmission Intégrale permanente

Boîte de vitesses Manuelle à six rapports

Freinage

Avant/arrière Disques pleins

Suspension Hélicoïdale sur essieux rigides

Roues Jantes Acier 16 pouces

Pneus BF Goodrich All-Terrain T/A KO2 en 235/85R16

Performances Vitesse max. 144 km/h

0 à 100 km/h 16 s

Consommation Cycle mixte 12 l/100 km

Emissions de CO2 266 g/km

Réservoir 60 l

Dimensions

Longueur 4 785 mm

Largeur max 1 992 mm

Hauteur 2 181 mm

Empattement 2 794 mm

Garde au sol 249 mm

Passage à gué 500 mm

Angle d’attaque 48,7°

Angle de fuite 35,6°

Angle ventral 30,3°

Capacités

Poids à vide 2 062 kg

PTAC 3 050 kg

Charge utile 988 kg

Capacité de remorquage 3 500 kg

Les versions, les prix

Les versions, les prix

Defender 110 Station Wagon E 33 520 €

Principaux équipements : Jantes acier 16 pouces, bac de rangement central, dégivrage de la porte arrière, préparation radio (câblage et antenne), garnissage du plancher avant et arrière en caoutchouc, marchepied arrière, bavettes en caoutchouc, banquette arrière 3 places rabattable 60/40, vitres arrière coulissantes, poche aumônière sur le dossier du siège passager avant

Defender 110 Station Wagon SE 37 620 €

Principaux équipements : Autoradio RDS, lecteur CD en façade, prise auxiliaire MP3, Bluetooth, côtés des sièges en cuir, assises et dossiers des sièges en tissu noir, volant en cuir, poche aumônière sur les dossiers de sièges avant, garnissage du plancher avant et arrière en moquette noire, cubby-box, vitres avant électriques, fermeture centralisée des portes, calandre et entourage des phares avant finition Brunel, tubes latéraux en finition noire, bavettes pare-boue avant, élargisseurs d’aile couleur carrosserie, filet à bagages dans la porte arrière, essuie-glace de vitre arrière

À propos Vincent Boigey

Journaliste à Land Mag

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