Alors il vaut quoi ce nouveau Discovery ?

C’est la question à 1 millions de Livres, chaque fois que Land Rover sort un nouveau modèle : est-il digne de ses aînés, ces glorieux 4×4 qui depuis 1948 ont fait la légende de la marque ?

La réponse à cette question est forcément compliquée… Nous avons découvert le nouveau Discovery ce mercredi 27 au matin, lors d’une première présentation privée à la presse. Puis nous l’avons revu jeudi 28 au Mondial de l’Auto. Première surprise : ce nouveau Disco parait plus petit que son prédécesseur. Il a beau avoir pris 14 cm en longueur et 4 cm en largeur, il est indéniablement plus fluet. C’est évidemment grâce -ou à cause, selon les goûts- à sa ligne beaucoup plus élancée que celle du Disco 4.

Le nouveau Discovery est aérodynamique, élancé, et tranche nettement avec le style carré des 3° et 4° générations. Il est, du coup, moins « impressionnant » mais plus élégant, plus discret aussi. Cette première impression laisse toutefois un goût de trop peu… Trop peu d’originalité (il ressemble à un gros Disco Sport, sauf quelques détails), trop peu de clin d’œil au passé (le toit alpin a presque disparu, et on reparlera de la ridelle), bref le Disco 5 est esthétiquement une belle bête… sur laquelle peu de gens se retourneront dans le paysage automobile actuel.

Esprit, es-tu là ? Le Disco 5 juste avant sa présentation officielle au Mondial.
Esprit, es-tu là ? Le Disco 5 juste avant sa présentation officielle au Mondial.

Et après ? Techniquement, bonne nouvelle, c’est grosso modo un Range L405 (suspension, transmission, certains moteurs) équipé d’une carrosserie plus pratique (7 places, rangements partout, etc), d’un bon bagage technologique et d’un style nettement moins chic. Et d’un tarif plus abordable aussi ! Cette parenté avec ses cousins Range est à double tranchant là aussi. Indéniablement, avec l’excellente suspension pneumatique du L405 et 400 kg en moins, le Disco va être très agréable sur route et va pouvoir grimper comme une chèvre en tout terrain. Mais il manque là aussi d’un peu de personnalité : après les annonces spectaculaires de Land Rover en matière de nouvelles aides électroniques au franchissement, on s’attendait à quelques innovations. Raté : ce sera pour plus tard nous assure-t-on.

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C’est à l’intérieur que les ingénieurs ont travaillé : banquettes arrière hyper modulable, espaces de rangements partout, prises 12V et USB disséminées dans tout l’habitacle, système multimédia pratique, tableau de commandes dans le coffre pour baisser ou lever la suspension, système d’aide au remorquage, … Le Disco 5 est pratique, on vous le dit ! Il reste un 4×4, mais qui aurait emprunté leur aspect pragmatique aux monospaces. Les clients idéaux pour Land Rover, c’est donc une famille nombreuse, qui utilise son Land pour travailler en semaine, mais aussi le weekend pour promener les chiens, rejoindre un spot de VTT ou de ski, chasser, etc. L’habitacle est stylé, bien fini et très spacieux, mais il manque comme le style extérieur du Disco 5 d’une certaine originalité, puisqu’il rappelle à la fois celui du Disco Sport et ceux des Range.

La fameuse ridelle... dépasse à peine du bouclier arrière. Tout ça pour ça ?
La fameuse ridelle… dépasse à peine du bouclier arrière. Tout ça pour ça ?

Certains détails nous laissent un peu sur notre faim pour un véhicule qui se veut polyvalent : la « nouvelle » ridelle par exemple est obligatoirement motorisée et beaucoup moins profonde que celle du Disco 4. Elle a l’avantage d’être compatible avec l’ouverture motorisée (elle aussi…) et commandée par le pied du hayon, mais on aura du mal à disposer de quoi prendre l’apéro dessus. La modularité des sièges, de son côté, est exemplaire, mais là encore mieux vaudra choisir un système manuel, qui sera plus rapide et plus intuitif que les nombreux boutons et leurs petit moteurs électriques (encore eux !)…

Troisième rang, 2° banquette reculée à fond, mes 1,80 m rentrent sans problème. Comme dans le Disco 4 !
Troisième rang, 2° banquette reculée à fond, mes 1,80 m rentrent sans problème. Comme dans le Disco 4 !

Reconnaissons que nous, landistes, sommes un peu conservateurs. Les innovations successives lancées par Solihull au fil du temps ont toujours été accueillies avec prudence, voire avec suspicion. Suspensions à ressorts hélicoïdaux (« rien ne vaut les lames »), bloc TD5 (« plein d’électronique, c’est pas fiable »), Discovery 1 (« on dirait un 4×4 japonais »), etc. Rappelez-vous : lors de sa sortie en 2004, le Discovery 3 avait également été l’objet de critiques sur sa ligne, sa taille, ses suspensions indépendantes et son prix. Avant de devenir 10 ans plus tard (la baisse des prix aidant…) un véhicule apprécié de nombreux landistes… Les réactions parfois très négatives à ce nouveau Discovery 5 sur notre page Facebook montrent que la tradition se perpétue !

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Objectivement, sur le marché des SUV, le Discovery 5 est un très bon véhicule, qui aligne de nombreux arguments : style élégant à défaut d’être original, comportement routier probablement excellent, aptitudes en tout terrain toujours inégalées, habitacle spacieux et modulable, accueil pour 7 « vraies » personnes, équipement technologique complet. Que demander de plus ? Pour le grand public c’est un sacré véhicule, et nul doute que Land Rover va rencontrer (une fois de plus) un beau succès commercial.

Pour nous landistes, le constat est plus mitigé, car ce Disco 5 change pas mal la donne comparé à ses prédécesseurs. Mais dans 10 ans, quand les premier modèles passeront sous la barre des 10 000 euros, on prend le pari que vous serez nombreux à chercher dans Land Mag de quoi équiper votre Disco 5 pour le raid…

 

 

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