Il y a un an, Land Rover produisait le dernier Defender

Vendredi 29 janvier à 09h22 heure anglaise, le dernier Defender jamais produit par l’usine de Solihull est sorti de la mythique chaîne de montage. Un modèle court Soft Top de couleur vert pastel, presque à l’identique de HUE 166, la première Land produite au même endroit en 1947. Mais l’histoire n’est pas finie…

Dès l’après-midi du jeudi 28 janvier, la Toile a commencé à palpiter… Quelques photos « volées » prises depuis l’usine de Solihull sont apparues sur les réseaux, annonçant que le dernier Defender était en cours de montage. Elles montraient d’abord la carrosserie vert pastel d’un Def 90, avant que d’autres éléments soient peu à peu rajoutés : des arceaux sur la benne, la face avant… Vous pouvez d’ailleurs retrouver toutes ces images sur la page Facebook de notre magazine, où nous vous avons fait vivre en direct la construction de ce Defender pas comme les autres.

En même temps que nous le découvrions s’installait un drôle de sentiment. Après des années de rumeurs, la présentation du DC100 et la bronca des landistes, puis la confirmation officielle de la fin du cube d’alu il y a maintenant plus de deux ans, nous y étions enfin : le der des der allait sortir de la mythique chaîne de montage de Solihull ! La marque, qui a multiplié les hommages au véhicule par qui tout a commencé pour elle en 1947, n’a évidemment rien laissé au hasard et ce dernier Defender a été méticuleusement peaufiné.

Traçant un parallèle direct avec HUE 166, la première Land jamais fabriquée 68 ans auparavant au même endroit, il s’agissait d’un modèle à empattement court et carrosserie Soft Top, peint de couleur vert pastel. Land Rover a même poussé le détail jusqu’à lui trouver auprès de l’administration britannique une plaque d’immatriculation ad hoc : H166HUE. Dans la matinée du vendredi, de nombreuses photos prises par les ouvriers et les invités présents autour de la chaîne de montage ont inondé Internet, tandis que de nombreux particuliers, clubs ou professionnels rendaient hommage à leur façon en publiant des photos de « leur » Defender en voyage, au travail ou à l’atelier.

Land Rover avait invité 700 ouvriers ou ex ouvriers qui avaient travaillé à une période de leur vie sur la ligne de montage, devenue anachronique dans les années 90. Au fur et à mesure que ce Def avançait sur la ligne de montage et complétait son équipement, on voyait derrière lui… le vide, rien, puisqu’aucun autre Defender n’allait le suivre sur cette ligne de fabrication à l’ancienne. À 09h22 précise heure de Greenwich, ce dernier Defender démarrait enfin et quittait son cocon, entouré d’applaudissements et de « vivas », pour un court voyage vers le Land Rover Heritage Museum tout proche. C’est là qu’il vivra le restant de ses jours une triste vie de symbole vivant, sans jamais aller goûter comme ses prédécesseurs les joies du tout terrain.

Après 2 016 933 Series, Land et Defender produits, l’usine de Solihull allait donc fermer ses portes définitivement, et un pan de l’histoire de l’automobile disparaître à tout jamais. Une bien triste journée pour tous les landistes du monde entier…

Et puis, au milieu de la petite cérémonie organisée dans le hall de sortie de Solihull, les dirigeants de Land Rover ont sorti de leur poche une drôle de nouvelle : non, la chaîne de montage n’allait pas totalement disparaître. Le projet Heritage Parts, qui consiste à refabriquer des pièces introuvables pour les anciens Land, va en effet utiliser ces locaux historiques pour lancer la restauration de certains modèles, que Land Rover va aller chercher aux quatre coins du monde. Une petite équipe d’une douzaine de personnes sera chargée de ces projets spéciaux, dont Tony Martin, jusqu’à présent employé sur la ligne de montage, et dont le père et le grand-père ont également travaillé à Solihull.

Dès 2016 Land Rover devrait proposer à la vente des Land restaurés par son équipe, dans les plus pures règle de l’art bien entendu. Solihull va donc continuer à vivre, mais qu’en est-il du Defender ? À partir de maintenant, la production de Defender  neufs ayant cessée, le nombre des cubes d’alu dans le monde ne pourra faire que diminuer. Mais depuis longtemps les landistes ont heureusement activement participé à la survie de l’espèce en entretenant, rénovant, restaurant et préparant leurs Land. Le Defender est mort ? Non, le Defender va continuer à vivre comme avant, grâce aux landistes, aux clubs, aux spécialistes et aux professionnels qui se passionnent pour ces 4×4 pas comme les autres.

 

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