Actualités Un road-trip à travers l’Australie en Land Rover Defender

Un road-trip à travers l’Australie en Land Rover Defender

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La célèbre marque australienne d’accessoires 4×4 ARB a fêté ses 40 ans en fin 2017. Pour célébrer cet événement dignement, son équipe a réuni une poignée de ce qui s’est fait de mieux en véhicules à quatre roues motrices, dont un Defender 110 300 Tdi, évidemment. Le projet ? Un road-trip de onze jours et 2 500 km depuis Alice Springs à Broken Hill en passant par le fameux Désert de Simpson ! Texte et photos: Fred Kriggsman.

Jour 1 : Depuis le départ d’Alice Springs, les nuages au-dessus de nos têtes étaient intimidants, mais les prédictions prédisaient qu’une fois les véhicules partis, ils s’éloigneraient de la zone humide. En formation parfaite, les quatre « Icones » et leurs quatre véhicules d’assistance plus modernes se dirigeaient vers le sud le long de la vieille voie de chemin de fer Ghan, destination Chambers Pillar. Ce n’est pas un trajet très long pour cette première journée et aller visiter cette merveille de la nature, qui a évolué à travers les âges par les vents rudes et abrasifs du désert rouge. Plus tard dans la journée, alors que le site commençait à se coucher, nous avons commencé à ramasser du bois pour le feu dans les zones de bush qui entouraient la piste.

Alors que l’on évoluait au milieu des flaques d’eau sur le chemin, il y avait des signes évidents qu’une récente et bonne pluie était tombée dans la zone. Cette nuit à dormir à la belle étoile dans un confortable et typique swag australien sur la zone de bivouac de Chambers Pillar fut la première d’une longue série, permettant de scruter la Voie Lactée. Autour du feu de camp, après avoir apprécié un peu de bière, quelques vieilles anecdotes et des souvenirs de conduite d’autres vieux 4×4, les membres de l’équipe allèrent se coucher les uns après les autres.

Jour 2 : La journée commença avec un petit-déjeuner du bush avant que le convoi ne regagne la piste le long de la vieille voie ferrée en direction de Finke. C’est alors que la décision d’avoir mis de nouveaux essuie-glaces sur le vieux Toyota FJ40 s’avéra sage. Les quatre « Icones » se sont retrouvées avec de la pluie derrière, devant et sur elles, mais ont précautionneusement continué leur route vers l’hôtel de Mount Dare. Les pistes du désert habituellement arides et sèches se transformant en petites rivières, le convoi atteignit tant bien que mal, sain et sauf, le chaleureux hôtel de Mount Dare, où de la bière fraîche et une nouvelle foule à laquelle raconter ses aventures attendaient l’équipe d’ARB. D’après les nouvelles, plutôt positives, de la météo, le gros de la pluie était derrière le convoi et les pistes qui se dirigeaient vers l’est et dans le Désert de Simpson et au-delà s’annonçaient plus sèches.

Jour 3 : Depuis Mount Dare, le convoi fit 80 km plutôt facile jusqu’à Dalhousie Springs. Le restant de la journée permit à l’équipe de faire trempette dans la magnifique source naturelle de l’endroit, curieusement située en hauteur de cette région désertique. Les « Icones » eurent également droit à leur nettoyage, ayant beaucoup roulé sous la pluie.

Jour 4 : Le soleil brillait, le Désert de Simpson nous ouvrait ses portes et les conducteurs étaient enthousiastes à l’idée de le traverser pendant trois jours, d’ouest en est, jusqu’à Birdsville. Rouler sur ces dunes tenait plus de la réussite symbolique que du véritable challenge. Depuis l’ouest, elles sont plus petites (environ trois à quatre mètres de haut), ondulant et vous balançant de l’une à l’autre sans grande difficulté. Il était prévu de traverser les Purni Bore Wetlands puis de faire un détour par le sud pour rejoindre la WAA Line et remonter la Rig Road jusqu’au campement de Colson Track. Il ne fallut pas longtemps, après le déjeuner et avoir rejoint la WAA Line, pour voir les pistes commencer à se détériorer. En effet, de lourdes pluies venues de la côte nord-est avaient fait tomber beaucoup d’eau dans les terres intérieures. Les pistes de la WAA Line commençaient à se dégrader sous l’effet de la pénétration de l’eau, mais elles restaient malgré tout relativement porteuses.

Au milieu de l’après-midi, la remorque « bivouac » fit un bond hors d’une ornière, partit en l’air et retomba avec un bruit de craquement ! Il fut tout de suite clair que les ressorts du côté droit étaient morts. Au moment de préparer ces 4×4 et les charger, le staff du QG d’ARB était épaté de la quantité de matériel que l’on mettait dans leur coffre : « Vous n’allez pas avoir besoin de tout ça ! », entendait-on. Mais, là dehors, à des centaines de kilomètres de n’importe quelle ville, dans une des zones les plus isolées et impitoyables de l’Outback, il faut être équipé pour presque toutes les situations. Et, dans un des véhicules d’assistance, nous avons mis la main sur un nouveau ressort pour la remorque et les outils nécessaires à son installation. Sur le côté d’une piste du Désert de Simpson, nous nous sommes donc mis à bricoler pour réparer la remorque « bivouac ». Et nous avons pu repartir. Assez rapidement, nous avons trouvé un site de bivouac où nous avons allumé un feu, étendu les swags et, tout en buvant des boissons fraîches, nous avons discuté du parcours du lendemain jusqu’à Poeppel Corner.

Jour 5 : De retour sur Colson Track, nous avons dépassé l’Erabina Track et avons continué vers le sud en direction de Lone Gum. Tout se passait à merveille et le convoi allait bon train et nous avons même eu l’occasion de croiser d’autres voyageurs sauvages de l’Outback. Mais soudainement, notre remorque « bivouac » déjà malmenée subit une nouvelle avarie. Dans un creux entre deux dunes, le transfert de masse la renversa et détacha complètement la flèche du véhicule. Cela allait demander plus que cinq minutes de séparation. L’équipe se mit au travail, mais le jour commençant à baisser, il était temps de décider d’une solution de secours. Comme le convoi avait déjà fait plus de la moitié du parcours, et que derrière se trouvaient des pistes détrempées jusqu’à Alice Springs, aller de l’avant était la seule solution logique. Il nous restait à peu près 100 km à faire jusqu’à Poeppel Corner, ce qui voulait dire que le lendemain allait être une journée plus longue que prévue jusqu’à Birdsville. On pouvait simplement espérer que les pistes plus à l’est auraient séché avant notre passage. A l’unanimité, il fut donc décidé que la meilleure option était d’établir le campement sur place. Si la carrosserie de la remorque « bivouac » tombait en morceaux, son contenu était, lui, intact et nous avons eu droit à un somptueux dîner de l’Outback.

Jour 6 : Dès le lever, cette journée s’annonçait plus radieuse. L’air frétillait du bruit de la cuisson des œufs et du bacon sur le feu de camp. Les 4×4 recevaient leur contrôle quotidien d’huile, de pression des pneus, de carburant et de bon fonctionnement de l’équipement électrique. A les regarder, on avait du mal à se souvenir de la condition parfaite dans laquelle ils ont quitté Alice Springs six jours plus tôt. Ayant arpenté des pistes de désert à ornières boueuses, ils accueillirent la traversée d’une rivière limpide avec enthousiasme alors que le convoi prit la route de Poeppel Corner, avec sa remorque réparée pour la deuxième fois. Il n’a pas fallu longtemps pour se rendre compte que le ciel bleu n’allait pas être synonyme de pistes sèches sur notre route. On avait quitté Alice Springs confiants qu’on allait plus vite que la tempête, mais les pluies s’étaient détournées et nous ont rattrapés alors que nous voyagions en direction de Birdsville : les conditions devinrent alors pire que ce que nous avions imaginé… Il était encore tôt lorsque, à peine 50 km après être partis du campement, on s’est retrouvés à batailler dans de profondes ornières qui s’étaient formées dans un chott.

Soudainement, le Fj40 ralentit pour s’arrêter complètement au milieu de la piste. A la radio, on entendit : « Les copains, on n’a plus de jus dans le Toyota ». En vérifiant le faisceau électrique, les alternateurs et la boîte à air, il s’avéra que l’origine de la panne était la casse d’une bobine d’allumage. Et c’est évidemment la seule pièce de rechange qui n’avait pas été chargée… La seule solution fut de tracter le Toyota, et on n’était « que » à 200 km de Birdsville. Alors, on a continué, mais notre vitesse de croisière diminuée signifiait inévitablement que la journée allait être encore plus longue que prévue. Mais notre priorité était de sortir du désert et de veiller sur ces chers véhicules. A la tombée de la nuit, on continuait à rouler vers l’inconnu et, alors qu’on approchait Eyre Creek, à plus de 115 km de Birdsville, l’éclairage du Defender s’éteignit. Quelques moments après, à la radio, on entendit : « Il semblerait que ce soit notre tour, le Def est immobile ». En contrôlant le compartiment moteur, rempli de poussière et de boue, on remarqua que l’alternateur était encastré dans une croûte de boue du Désert de Simpson. La seule solution était de le démonter, de le nettoyer et de le remonter : un démarrage au câble et le Defender reprit vie. Après avoir repris la route, les quatre « Icones » sont arrivées à Birdsville à 23h30, alors que la remorque « bivouac » qui faisait triste mine n’atteignit la ville qu’à 3h du matin.

Jour 7 : Se réveiller dans un des pubs les plus connus de l’Outback procura un étrange sentiment d’accomplissement sur l’âme. Mais même le petit-déjeuner rustique, exceptionnellement réconfortant, ne suffisait pas à résoudre les problèmes qui se présentaient à notre convoi de huit 4×4 et de quinze personnes. Il y avait des réparations à faire sur le FJ40 et la remorque « bivouac », et les nouvelles de la météo étaient dramatiques : les routes vers Innamicka et Cameron Corner étaient fermées. La Birdsville Track vers Mungerannie était fermée et la plupart des routes du sud-ouest de l’état du Queensland étaient closes. Les seules pistes ouvertes allaient vers le nord ou revenaient dans le redouté Désert de Simpson, ce qui n’était une option pour personne dans l’équipe. Après un bon café, nous avons décidé de consacrer la journée à réparer et entretenir les « Icones », de les préparer pour la route vers Broken Hill. Un atelier local réussit à réparer le FJ40 et, le soir même, nous reçûmes l’information que la Birdsville Track vers Mungerannie était notre meilleure option pour continuer notre aventure le lendemain.

Jour 8 : Après avoir contacté les autorités locales, il fut confirmé que la route vers Mungerannie était ouverte aux 4×4. Cependant, au sud de cette localité, les routes s’annonçaient accidentées, mais c’était un problème pour plus tard. Toute l’équipe se mit donc en route vers le sud. Même avec des pistes encore compliquées, le convoi put profiter d’une journée sans encombre et arriver à Mungerannie, une ville de l’Outback et son pub qui valent le détour.

Jour 9 : Cela faisait trois jours de suite que l’on se réveillait dans des pubs après une traversée épique du Désert de Simpson. Après un autre bon petit-déjeuner, de la prise d’information sur l’état des pistes et une inspection de l’alternateur du Patrol, ce n’est qu’à la mi-journée que nous sommes montés à bord des « Icones ». Nous avons commencé notre grande balade le long de la Birdsville Track en direction de Marree, ce qui se montra plutôt simple, avec comme destination du Prairie Hotel de Parachilna. Mais la chance nous quitta à 130 km de là, lorsque le Land Cruiser Série 79 d’assistance se retrouva sur trois roues : pneu et jante, tout était parti… Une fois de plus, les bidouilles de mécanique du bush eurent la part belle pour remettre ce véhicule en état. Une fois réparé, c’est le Patrol qui posa problème, avec une panne de batterie, ce qui fut résolu rapidement, car nous étions tous devenus un peu mécaniciens à force de galères. A nouveau, nous arrivâmes fourbus à notre destination vers 23h30. Il nous restait ensuite deux confortables journées pour atteindre Broken Hill et son aéroport. De là, on rentrait à Melbourne puis chacun chez soi, dans son pays d’origine ou dans d’autres régions de l’Australie, mais tous avec les mêmes souvenirs de galères et de bons moments passés dans les coins les plus sauvages de ce fabuleux pays-continent.

Retrouvez aussi ici les vidéos de ce superbe raid en Australie !

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ARB: plus de 40 ans d’aventure tout terrain

Si ce trip célèbre les quarante ans de la marque australienne d’accessoires ARB, la création de cette société remonte exactement à 1975, par la grâce de Tony Brown. Propriétaire d’une Series I et baroudeur expérimenté, il était souvent sollicité pour réparer des pare-chocs ou des galeries faites maison. Il se lança donc dans la conception d’accessoires dédiés à ces utilisateurs exigeants de 4×4 que sont les Australiens, en fondant un garage à Melbourne. Plus de quarante ans après, ARB est devenue une marque à la renommée internationale, au catalogue d’accessoires interminable et qui équipe un grand nombre de 4×4 de toutes marques.[/box]